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C'était l'été de mes huit ans. Je m'en souviens encore comme si c'était hier. Ah, les belles vacances insouciantes que nous avions à la ferme de mes parents! J'avais complété brillamment mes premières années à l'école du rang et j'en étais fier. À cette époque, j'avais une maîtresse qui m'aimait bien!
Chez nous, on partageait les tâches et on me confiait de plus en plus de responsabilités. Ainsi, matin et soir, je devais aller quérir les vaches au pacage et les amener à l'étable tout en gardant un œil oblique vers le taureau ombrageux. J'observai alors chez ces bêtes un comportement bizarre. Il y avait, au bout du champ près de la barrière, une source d'eau pure où elles se rendaient boire à volonté. Mais après avoir bien bu, à tour de rôle, elles s'empressaient d'en garnir le pourtour de leurs bouses bien grasses et fumantes. J'en fis la remarque à mon père : «Papa, les vaches sont en train de bousiller la source d'eau!»(Ce fut mon premier jeu de mots). Mon père me fit un sourire sibyllin : «Que voulez-vous!» (un vrai Chrétien!) «Ce sont des animaux; les bêtes ne pensent pas au lendemain!»
Je méditai longtemps ces sages paroles et ma fibre écologique commençait vraiment à se tisser. J'eus bien d'autres occasions de visiter le vaste monde et d'observer d'autres catastrophes écologiques. Ainsi, je réalisai qu'il y avait des milliers de cheminées d'usines qui crachaient vers le ciel des tonnes de matières toxiques.
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